A Berlin, l’éducation civique…pour tous !
Mercredi 7 février, le groupe des frenchies in Berlin a rencontré le Centre berlinois pour l’éducation civique (Berliner Landeszentrale für politische Bildung). C’est une institution qui dépend du land de Berlin (équivalent de notre région). Contrairement à chez nous où l’éducation civique s’adresse aux enfants, en Allemagne elle s’adresse à tous – notamment aux étrangers résidant en Allemagne. C’est une des conséquences de leur Histoire. Après la 2nde guerre mondiale, « il a été difficile de changer l’engrenage dans lequel était le peuple, il a fallu le rééduquer et passer de la dictature à la démocratie ».
Ce centre a 4 actions principales :
- Promouvoir l’éducation civique : Motiver les habitants à s’engager dans le processus de vote, à participer. Afin d’éviter tout prosélytisme, il existe un « conseil de contrôle » auquel participe tous les partis politiques.
- Une programmation de séminaires et de discussions / débats
- Des publications (livres, magazines…) vendus à des petits prix pour garantir l’accès à tous. Chaque Berlinois peut y acheter 5 livres par mois. 14 % de la population ne sait ni lire, ni écrire ; certaines publications sont donc en « langage simple » (phrase courte, vocabulaire simple, illustration)
- Une commission financière d’appel à projet réservé aux associations (cette commission finance des microprojets, la subvention max est 5 000€ ; le budget total de 150 000€)
Concrètement, ce centre berlinois agit sur 4 aspects de l’éducation civique :
- Informer: fonctionnement des élections, responsabilités et compétences des arrondissements, des villes, des lands, de la fédération, de l’Europe….
- Soutenir la prise de décision: des grands débats sont organisés pour que chacun connaisse les conséquences, les enjeux. Dans ces débats, la neutralité est très importante, les journalistes sont aussi invités à venir participer.
- Soutenir la capacité d’agir des habitants. Informer les citoyens des différentes possibilités d’actions : organisation d’une manifestation, mise en place d’une pétition, écrire un article, appliquer à soi-même un principe…Des formations sont également proposées aux professeurs pour travailler sur comment mettre en place des ateliers d’éducation civique dans les écoles où il y a des enfants qui ont des bas niveaux de langue.
- Motiver les personnes, lutter contre la fatigue politique et redonner confiance. Pour cela, il faut donner aux personnes des expériences d’efficacité. Ex : parents d’élève.
N.B : Le nombre de votants était en augmentation aux dernières élections.
Le centre berlinois pour l’éducation civique est très sollicité depuis deux ans, notamment à cause de l’urgence sociale due à l’accueil des réfugiés. Ces actions ont touché environ 15 000 personnes en 2017.
Remarques :
La neutralité a des limites ! Nos voisins en ont identifié 2 : les faits avérés (pas de fake news) et la violation de la dignité des personnes (pas de racisme, homophobie, de sexisme….). Cela reste quand même un exercice très difficile car par exemple concernant les débats sur l’immigration, il est difficile de distinguer le racisme de l’opinion de volonté de fermeture des frontières…
Et si dans mon centre je voulais m’inspirer de ce projet ? Pourquoi pas réfléchir à l’organisation de débats sur de grandes questions sociales ou citoyennes, en respectant ce grand principe de neutralité ?
Et comme piste de réflexion : penser à des outils accessibles à tous, avec des publications intégrant du langage simplifié.