Un regard d’élue sur l’accueil des jeunes en Allemagne et la politique de la jeunesse.
Séjour ERASMUS à Berlin du 4 au 10 février 2018
Marie TERRIER, présidente du Centre Social d’Auterive 31, vice-présidente de la FIGO, élue de la ville d’Auterive
L’Allemagne, en tant qu’ Etat Fédéral propose pour les jeunes des actions très fortement décentralisées et tributaires des volontés politiques des lands. Il existe des bureaux fédéraux de la jeunesse mais pas de ministère.
Les autorisations d’ouvertures de structures sont accordées par les lands qui proposent un programme pédagogique (ex : Land de Berlin) et accordent des subventions.
Dans le cadre de notre séjour ERASMUS, accueillis dans différentes structures couvrant l’éventail des âges de la Petite Enfance à la Jeunesse, nous avons ressenti l’autonomie de leurs projets , orientés vers l’éducation, le soutien, la prévention et le bien être dans le développement individuel.
D’autre part, face à la violence des mouvements d’extrême droite, et très conscientisé par son histoire, le gouvernement fédéral a mis en place ou soutenu des dispositifs comme « les Centres Berlinois d’ Education Civique » ou encore le « Registre » encourageant ainsi le signalement d’ incidents racistes, homophobes, sexistes ou de violation de la dignité des personnes.
Les structures d’accueil des adolescents viennent, dans le prolongement du temps scolaire, soit vers 16 h pour les plus grands, offrir dans des locaux adaptés et bien équipés, des moments de partage, de loisirs variés à des jeunes de quartiers vivant une réelle mixité sociale avec la présence de migrants venant des familles accueillies dans des foyers d ‘hébergement du quartier. La plupart de leurs activité sont gratuites pour permettre l’accueil de tous.
Certaines structures d’accueil ont des projets spécifiques et accordent aux jeunes une grande autonomie.
* Pour exemple, la « Maison des médias » dont les équipements ( salles de musique, instruments, petits studios d’enregistrement, régie) favorisent la création de groupes pouvant mener au bout et à très bas coût un projet musical. Cette structure s’est petit à petit orientée vers des activités créatives (musicales, plastiques, théâtrales), de pratique des médias, de jardinage, de sport, de « Rencontres de filles », de groupes de jeunes auto-gérés, de sensibilisation à la « durabilité ». Elle accueille les jeunes en fin de journée et sur le temps des vacances. L’encadrement se fait par des « Social Pédagogues », des assistants sociaux et des Services Civiques. Les programmes sont élaborés avec les jeunes. Dans cette structure 80 % des jeunes viennent de deux grands foyers de réfugiés voisins ce qui provoque souvent des conflits entre communautés. Un grand travail est fait sur la gestion des conflits ainsi que sur les problèmes d’’addictions « sans alcool »
Cette structure bénéficie de subventions de l’État et du Quartier. Certains projets sont réalisés par les jeunes en Auto-financement ( chantiers, manifestations ). Les locaux sont mis à disposition par la ville.
D’autres structures comme le Centre Spandau proposent des activités pour la jeunesse dans un projet global destiné aux habitants du quartier proche de ce que peuvent être nos Centres Sociaux.