Fritidsforum Stockholm
Grille d’observation.
Nous avons établi lors du séminaire de mars que nous observerions lors du séjour plus particulièrement :
- histoire / culture / organisation
- pratiques et postures des partenaires : professionnels, bénévoles, publics
- place des habitants dans les actions
- ce qui nous surprend, nous décale
Aussi ces éléments sont le plus souvent inclus dans les éléments d’observation rapportés ci-après.
Sur l’IFS, International Federation of Settlements
Avec Frida.
Settlement, de « to settle down », s’installer, prendre racine. C’est une « colonie » dans le sens où on vient s’installer dans une communauté locale.
En 1884, création de Toynbee Hall, en Angleterre, par Samuel et Henrietta Bartnett.
Accueil d’étudiants dans les quartiers pauvres, « to learn as much as to teach, to receive as much as to give ».
En 1886, création de Neighbourhood Guild à Manathan par Stantam Coint, puis en 1889, création de Hull House à Chicago par Jane Adams, féministe, activiste de la paix et prix Nobel en 1931. « All races are welcome ».
En 1912, création du premier Centre social suédois (?).
Sur Fritidsforum
Avec Staffan et …
ou Forum des temps libres.
Essentiellement des structures à destination de la jeunesse (« youth centers ») mais pas que (settlements, « meeting places »). Les animateurs jeunes sont des « Youth leaders ».
Grande diversité des structures qui composent le réseau Fritidsforum : réseau professionnels, handicap, etc.
Organisation directe du national vers le local, sans intermédiaires : suppose une animation réseau particulière.
Le mouvement et plusieurs de ses membres (ex. : Solna UngdomsCafe) s’inspirent des travaux d’Antoniovsky (Ref???)
Les 3 principes :
Comprensility : Manageability :
Understand Handle with copts
what happens
Meaningfullness : Sense of coherence
What life meaningfull
Les actions développées doivent être cohérentes entre elles pour respecter ces 3 visées :
- on doit comprendre notre environnement, notre société, être informé
- on doit être en capacité de gérer une situation, s’adapter à un changement de l’environnement
- on doit trouver du sens à ce que l’on fait, savoir pourquoi on fait les choses, + globalement donner du sens à sa vie
Échanges avec Marwa autour de la question du genre chez les enfants, les jeunes, leurs animateurs.
Contact : marwa.chebil@fritidsforum.se
A lui transmettre : méthode FAVE URACS en version anglaise, livret genre en version anglaise.
Sur « The Door »
A New York, … → équivalent français le 104 ?
Sur LavaBibliotek
http://kulturhusetstadsteatern.se/Bibliotek/Lava_Bibliotek_Verkstad/
Au sein de « KulturHusset », ou maison de la culture, espace équivalent par la forme, les fonctions et l’emplacement d’un Centre Beaubourg.
LavaBibliotek ressemble à un mix entre une bibliothèque et un fab-lab : livres et machines à coudre, tables et perceuses, estrade, instruments de musique en prêt, imprimante 3D et machine à fabriquer des badges, etc.
Lava était un espace « workshop » (atelier) avant d’être une bibliothèque (et la majorité des salarié.e.s ne sont pas bibliothécaires à la base). C’est un espace avant tout de création, ouvert aux 15-25 ans exclusivement (en dehors des horaires du matin, créneaux réservés aux visites).
Donc espace décloisonné en terme d’activités mais sérié en terme de publics.
La culture y est envisagé comme un mode d’émancipation : une fin et un moyen à la fois, « we beleive in culture power ».
Pas « orienté problème », ils refusent les associations de « prévention ».
3 visions possibles de la « culture jeune » :
(for, with, by) Pour, Avec, Par => les jeunes sont pleinement dans le PAR.
Sur Fryshuset
1000 bénévoles, 600 salarié.e.s, 30 millions d’euros de budget, 24000 m² de bâtiment, + de 60 programmes à destination de la jeunesse, 15000 jeunes sur Stockholm concernés, 4000 joueurs de basket et 3500 skate boarders, 1300 ados 12-17 ans à l’école …
30 langues différentes
Affilié aux YMCA mais relative indépendance (dimension religieuse présente en tant que question d’intégration entre les jeunes).
Crédo : faire respecter les jeunes, faire que les jeunes se respectent. Mériter aussi le respect des jeunes.
Nombreux projets et programmes : Collège et lycée avec option Basket, Skate-board, etc, « Rue calme » (Quiet street, jeunes médiateurs de proximité), « Exit » (sortie de jeunes des réseaux suprémacistes, racistes, nazis), « Pasus » (sortie de jeunes de la délinquance), « Refugies » (pour mineurs réfugiés isolés), « Web walkers » (jeunes sur le oueb), etc, mais aussi mères isolées, pour les violence d’honneur.
Financements : 35% via portage collège/lycée, 40% de vente de services, 25% de mécénat / fondation (tout azymuths : l’argent semble ne pas avoir trop d’odeur, …).
« The door is quite open for youth who want to push it ».
Pas d’équivalent en France : entre Léo Lagrange et le groupe SOS, …
Sur ungzon flempan
(Youth Center municipal de Ray Oueb)
Banlieue nord ouest de Stockholm : sortie du métro, on marche 15 minutes pour rejoindre la zone d’immeubles d’habitat social. Seule différence avec la France : les bâtiments, construits dans les années 70′ dans le cadre du programme « 1 million » (soit 1 million de nouveaux logements neufs pour une population de 7 millions d’habitants à l’époque) sont en très bon état.
Ouverture aux 13-24 ans, 13h30-20h (l’école finit tôt et le lieu est occupé très tôt), autant de filles que de garçons (les premières font des activités et projets, les seconds occupent l’espace). Beaucoup de jeunes qui viennent d’autres quartiers, beaucoup de primo-arrivants.
Accueil anonyme : les jeunes référencent leur passage sur un cahier avec un nom réel ou un pseudo. Des problématiques de violence. A manger pour les jeunes (snacks, soupe, etc).
Grande attention portée à l’accueil du public ou des visiteurs (restauration, etc).
Population de jeunes de la structure : essentiellement des garçons dans le hall (désœuvrés ou Playstation), d’origine moyen-orientale ou côte est africaine : somaliens, érythréens, irakiens, iraniens, syriens, etc. Quelques filles dans des activités dirigées, ou autour d’un groupe ethnique précis (origine asiatique, mongols a priori).
Des équipements importants : salles d’activités, de danse, de repos, cuisine, studios d’enregistrement, etc.
Les animateurs ont les clefs de toutes les portes qui sont fermées pour la plupart.
L’ambiance est équivalente à celle d’un quartier français : les jeunes sont chez eux, nous apparaissons comme des étrangers (des insultes fusent peu après notre arrivée). La culture « cité » à la française est pour eux une grande source d’inspiration (clips de Rap, etc).
Sur Midsommargarden
(quartier Erikson)
2 temps plein, en cours d’adhésion à Fforum.
La ville finance soutient et accompagne là où des envies et des projets.
Sur MasterOlofsgarden
http://www.masterolofsgarden.se/
(quartier Gamla-stan)
Ouvert du 1er janvier au 31 décembre, en continu.
Beaucoup de moyens. Accueil type « espace jeunes » : de 13h à 21-22h les jeunes viennent comme ils veulent. Activité conso essentiellement. Jeunes 12-15 ans, du quartier. Pas de projets particuliers ni réellement de projet éducatif sinon la posture d’accueil « swedish style » : toutes les demandes sont acceptées, donc une activité c’est un projet ! Pas de jugement sur la demande qui est faite : c’est un support pédagogique comme un autre. Posture presque passive, « c’est l’espace des jeunes ».
Vente de sucreries, possibilité de jouer à la console, etc, pour attirer les jeunes.
Marion (française formée sur place) qui les a accueilli témoigne que c’est un espace « accueil libre » mais aussi utilisé comme mode de garde : parfois très occupé, parfois pas du tout. Intérêt : les parents occupent aussi le lieu.
Pas d’espace dédié aux professionnels : se mettent là où il y a de la place… Idée de « lieux vivants ».
Peter (animateur) et sa collègue : des gens qui incarnent l’état d’esprit du lieu, des personnalités et un style, etc.
Sur Dörren
(quartier Gamla-stan, inspiré de The Door)
Ouvert du 1er janvier au 31 décembre, en continu.
Pour les 14-25 ans, tous les jeunes de Stockholm, sur des projets artistiques et culturels portés par des professionnels, artistes du quartier reconnus, prestataires de la structure. Objectif de vivre ensemble et d’inclusion de jeunes migrants.
Au départ parti de fonds privés, une envie de mettre à disposition des jeunes des espaces culturels où ils peuvent se construire une identité culturelle commune en même temps qu’un parcours culturel propre. Parti pris d’installer un CS en hyper centre de Stockholm, quartiers aisés, pour permettre la mixité. Ont dès le démarrage communiqué fortement sur les réseaux sociaux (fbk, instagram, snapchat, radios, réseaux culturels, etc) sur le fait que c’était ouvert à tous, notamment migrants, qu’on peut y faire toutes natures d’activités. Beaucoup de moyens et outils : studios, etc, et professionnels reconnus dans leur domaine (artistes, acteurs, …). Très (re)connus : grosse part com, production de CD, etc. Promotion forte des jeunes : expos, articles de presse, groupes avec des moyens professionnels, de la prod, des festivals dédiés, etc.
« Under Ytan » magazine produit par des ados, sur la sexualité, sans aucune retouche par les adultes, sans censure. Appui financier et sponsoring d’un grand journal stockholmois.
Hélène, travailleuse sociale, « accueillante inconditionnelle » : attentionnée, tranquille, bienveillante, propose un café, à manger avec un frigo ré-approvisionné réguliérement (parce que certains ont peut être pas mangé…). Juste sur cette partie. Questionne pas : parle des projets en cours, pas de ce qui va pas. Si besoins sociaux, relais à une structure sociale partenaire, avec accord du jeune, avec des liens forts avec travailleur social spécialisé.
Lieu où tu peux être toi même et te poser. Accueil « comme à la maison », pas d’espace pour le professionnel genre bureau, tout l’espace est dédiés aux publics.
Attention à la compréhension : si on accueille des visiteurs professionnels en présence de public local, on parle en suédois si les jeunes présents ne parlent pas anglais et on fait traduire en anglais ! On prend en compte.
Sur Solna UngdomsCafe
Avec Pepe et Marvin, dans une ville de 75 000 habitants (10 structures municipales à destination enfance et jeunesse, 3 millions d’€ de budget).
Les élections ont lieu tous les 4 ans.
Les vacances sont ~ à celles de la France (sauf 10 juin au 15 août en été, et les vacances d’octobre sont celles du ramassage des pommes de terre !).
Pas d’équivalent de la DDCS et pas de normes d’encadrement (effectifs, diplômes, etc). La loi impose la prise en compte du « handicap ». Des « navigators centers » comme ~des missions locales.
Salaire moyen animateur ~2500 €/m, directeur ~3500 €/m.
Leurs directives viennent pour eux : 1/ de leurs objectifs pédagogiques ; 2/ du projet municipal ; 3/ des lois nationales ; 4/ des lois européennes.
Sur le lieu : première impression de café cosy, à la décoration choisie et de qualité.
→ principes = si le lieu est beau, il sera + respecté, et les jeunes s’y sentiront mieux donc seront + ouverts et auront davantage envie de construire des projets.
→ C’est un lieu ouvert, « open activities » : on peut boire un café, consulter internet, jouer à un jeu vidéo, utiliser le billard, etc). On peut aussi y développer des projets et activités créatives : studio d’enregistrement, salle de répét’ et danse, espace projet, etc.
Le lieu est aussi le représentant en Suède du réseau ERYICA http://eryica.org/(en France représentant = CIDJ) et spécialisé dans le montage de projets d’échanges de jeunes européens.
Sur les principes défendus : outre ceux vus avec FritidsForum, plusieurs principes sous-tendent leur action.
→ « equality : treating everyone differently » : quand on a la souci d’équité, on a le souci de considérer chacun dans sa singularité. « Every meeting matters » : toutes les rencontres comptes, il faut toujours être à l’écoute.
→ « norm critical approach » : on questionne les règles, les normes, pour les améliorer. On fait attention notamment au vocabulaire : « est-ce que tu as quelqu’un dans ta vie » plutôt que « est-ce que tu as un petit copain / une petite copine » pour ne pas imposer des normes d’hétérosexualité (idée de sortir la communauté LGBT, les transgenres de l’invisibilité). On utilise le HEN ingenré en + du HAN (masculin) et du HON (féminin).
→ « accessibility » : pour accueillir les jeunes en « diversité/variation fonctionnelle » ou « avec des demandes spécifiques » (on ne parle plus de jeunes handicapés car cela voudrait dire qu’ils sont « diminués » par rapport aux autres, à une norme), on prévoit des espaces calmes, semi-ouverts, etc. On organise au moins une fois par semaine une activité tous ensemble, peu importe son thème.
Sur la pédagogie : en l’absence de normes d’encadrement, c’est la confiance et la responsabilisation qui dominent. Ainsi un Centre de loisirs enfants peut être ouvert, sans grillages ou murs, donnant sur un parc, et des enfants du centre peuvent être dehors seuls sans adulte référent pour les surveiller pour prendre leur goûter. Idem pour l’école. Les enfants sont souvent mis dehors à dormir dans leurs landaus dans les crèches (conviction générale que l’air extérieur est meilleur), dans des conditions similaires.
Dans les centres de loisirs on limite l’usage des écrans pour favoriser les activités partagées, dans une ambiance familiale. Les enfants choisissent eux mêmes leurs activités.
Pour les jeunes en diversité fonctionnelle, des liens forts peuvent se créer. Les animateurs font le distinguo entre Professionnel / Personnel / Privé. Ainsi ils peuvent avoir dans un cadre professionnel des relations personnelles avec des jeunes, mais elles ne vont pas jusqu’au cadre privé.
« We’re trying to enhance the good behaviors » : on favorise, on valorise, ce qu’il y a de meilleur chez les personnes. Pour les jeunes en diversité fonctionnelle ils ont des fiches de suivi et ils « célèbrent » les progrès. Mais + globalement, ils n’ont pas d’approche de type Prévention mais plutôt une approche pro-active : on préfère s’appuyer sur ce qu’un jeune peut faire et réaliser d’intéressant, on l’incite à voir grand, plutôt qu’anticiper ses bêtises éventuelles. On est honnêtes avec eux.
« Not put the problem first but put the person first ».
« I have never tried that before, so I think I should be able to do it » (Pippi Longstocking aka Fifi Brindacier).
→ L’INDIVIDU (ici = JEUNE) est 1 RESSOURCE à qui l’on se doit de FAIRE CONFIANCE
Sur les échanges internationaux : volonté qu’en partant à l’étranger les jeunes, notamment ceux issus de l’immigration + ou – récente, expérimentent l’attachement au territoire, « feeling swedish » (être renvoyé à une identité suédoise et plus seulement celle de son pays d’origine). Ex. : des jeunes réfugiés sans papier encore accueillent comme « hôtes » une délégation étrangère, car même avec seulement quelques mois de présence en Suède, ils ont une plus grande maîtrise du territoire et des codes sociaux que les visiteurs !
Peu importe la destination ou le projet, importe surtout le processus !
Levier pour en parler aux élus locaux :
- intérêt individuel pour chaque jeune : interculturalité, CV, pratique de la langue
- intérêt pour la structure qui engage le projet : attractivité de la structure pour les jeunes, développement de nouvelles compétences
- intérêt social : des jeunes + engagés, + tolérants, + insérés, inclusion, etc.
Outils exploités pour les échanges :
- « before I die … » : mur d’expression des rêves (post Katrina / Nvlle Orléans)
- se faire photographier devant un fond vert pour être inséré sur une photo de Paris ou Londres, … (et on cause avec eux pendant qu’ils attendent la photo sur « pourquoi le choix de cette destination, leurs envies d’échanges, etc).
- inscription à la craie du mot « opportunities » au sol devant le lieu de rencontre
- « projet 509 » du nom d’une ligne de bus qui relie plusieurs municipalités : toutes les x semaines jeunes et animateurs vont à la rencontre d’un espace jeune d’une commune, rencontrent les autres jeunes et animateurs, le tout autour d’un projet collectif de séjour à Londres + consultation des jeunes par les élus sur leurs envies pour leur territoire. Production d’un journal gratuit de 8 pages diffusé à 120 000 exemplaires (!).
- « no hate speech movement » https://www.nohatespeechmovement.org/
- informationrightnow.eu
- young ambassadors for youth information et european information day
- …
Sur Gulna Villa
https://www.solna.se/sv/idrott-fritid/ung-i-solna1/fritidsklubbar/gula-villans-fritidsklubb/
Les enfants viennent, choisissent leurs activités, passent à autre chose, …
Les parents sont peu impliqués.
Attention portée à une démarche pleinement inclusive (temps spécifiques + temps partagés).
La créativité est totale : chacun peut produire, peindre, modeler … ce qu’il veut.
Les animateurs sont des « personnages » avec une très forte personnalité, qui s’inscrivent dans le temps dans la structure.
Sur Uncut – Ung Film Productions et Black Sheep
Des services municipaux jeunesse … rock’n roll !
Constat d’un niveau d’équipement très conséquent (l’argent ne semble pas poser problème).
Approche : « We always say yes » « test what you want » « tout le monde est bienvenue, même le plus néophyte » « prenez votre temps » « on vous fait confiance » ‘c’est vous qui décidez » « on peut faire un workshop à votre demande, en journée, en soirée », etc.
Et … la confiance : prêt de matériel coûteux pour permettre aux jeunes d’essayer (par ex la réalisation de films), sur des périodes pouvant être longues (puisque tournages à l’étranger). Pas de limite de temps sauf l’optimisation du matériel demandée aux utilisateurs. Accompagnement et discussion quand le sujet du film est sujet à caution.
Les jeunes peuvent vendre leur production, ou réaliser des concerts payants : fait partie de l’apprentissage. Prêt possible des clefs des locaux à certains habitués.
Pour les scenarii de films : font passer le test de Bechdel. https://fr.wikipedia.org/wiki/Test_de_Bechdel
Résultat concret : 170 films réalisés en 2016 impliquant 1100 jeunes, pour 2 salariés !
Les animateurs sont là aussi des « personnages » avec une très forte personnalité : hypster, ancien batteur d’un groupe de rock international, etc.
Sur une présence éducative sur le oueb auprès des jeunes
Avec Fredrik
Ont expérimenté l’équivalent d’un projet « Promeneurs du net » à 5 animateurs d’un « youth center » il y a quelques années (avatar professionnel sur les réseaux sociaux, présence en soirée, etc).
Quelques constats :
- on a agit (on est allés où étaient les jeunes) avant de penser le projet
- selon le coin de Suède où on est, ce ne sont pas exactement les mêmes médias sociaux qui sont utilisés par les jeunes : besoin d’une étude locale, régulièrement revue
- lorsqu’on demande aux adultes quels médias sociaux les jeunes utilisent, 3 reviennent souvent : FBK, Instagram, snapchat. En réalité ils en utilisent une 15aine d’autres en +. Par ex en Suède un réseau russe … ou minecraft … parce que certains de ces réseaux par rapport aux « connus » permettent aussi une forme d’anonymat recherchée par certains jeunes.
- un même média social peut être utilisé par des publics différents (snapchat = 13-18 ans en Suède, 25-35 ans aux US)
- être calme, serein, sur les réseaux sociaux, et dans un état d’esprit « positive view »
- pourquoi pas être amis d’amis … s’ils sont dans un périmètre proche et pas à l’autre bout du pays !
- on est présent sur les médias sociaux pour … y être, assurer une présence éducative, pas pour les en extraire ! Si un jeune y passe trop de temps, c’est généralement + un symptôme de mal être, qu’un problème en soi.
- jeu quizz sur kahoo : kahoo.it (à chercher sur www.getkahoo.com)
Cf également son diaporama.
Sur un retour individuel à chaud des participants après une semaine de visite
Mathieu : frappé positivement par la confiance / responsabilisation accordée aux individus, enfants, jeunes, etc. Par la souplesse et la liberté. Aussi par l’absence de mixité entre les âges.
Alain : a pointé le souci de la participation, le postulat de la confiance, souhaite relancer à l’échelon local l’idée d’échanges européens.
Aurélie : marquée par l’attitude adultes vis à vis des jeunes, les sourires et l’amour apporté, la simplicité à faire les choses, les outils donnés, les lieux cosy. Se questionne sur la place des filles.
Roder : note une grande différence entre les structures, de Fryshuset à Midsommargarden, de « l’usine » au site où on se sent « comme à la maison ». A fait écho aux scenarii évoqués aux JPAG en 2016.
Omar : première expérience hors CS, grosse attente sur le numérique forcement frustrée. A observé une grande diversité : la question des ressources financières et humaines qui ne se pose pas de la même façon entre Fryshusset et Midsommargarden.
Frappé également par l’accueil fait aux réfugiés et l’effort d’intégration déployé par les pouvoirs publics.
Dorine : frappée aussi par la question de la place des réfugiés en comparaison de la situation française (notion de « taboo »). A noté la valorisation de la dimension manuelle dans les activités proposées aux jeunes.
Yves : point la place et les moyens donnés à la jeunesse (les 24 000 m² de Fryshusset) considérés comme ressource et pas comme une contrainte. Face au désengagement de l’état en France, le modèle de Fryshusset peut être une source d’inspiration.
Mohamed : frappé par les personnes croisées dans la rue, une population « sans émotions apparentes ». A noté l’absence d’un ministère de la jeunesse. Que le bac si important chez nous ici n’est pas vécu de la même façon car pas de culture de l’échec : on valorise même ceux qui ne l’ont pas eu !
Enfin surpris de rencontrer un ex-buziness man à la tête d’une structure sociale comme Fryshusset.
Telia : a aimé la structure inspirée de « the door » et souhaiterait trouver des structures semblables en France. A rencontré des réfugiés, créé du lien, trouvé une forme d’universalité à la condition de « jeune ».
Malika : elle a été surprise par d’immenses locaux, la décoration, l’effort consenti pour la jeunesse, qu’elle se sente bien. L’absence de différences entre les enfants porteur ou non de diversité fonctionnelle. La facilité à faire les choses (activités, projets, etc).
Céline : chacun, animateur, enfant, jeune, est un individu considéré en capacité de décider, choisir. On ne vit pas la citoyenneté ainsi en France. On peut faire des beaux endroits, c’est pas si compliqué en fait ! Et ça donne envie de venir, …
Enfin a retenu les échanges autour de l’approche d’Antoniovsky, pourquoi nous agissons.
Michelle : a apprécié la qualité de l’accueil, l’écoute de nos questions, l’attention portée. A vu se dessiner un espace de possible : une politique jeunesse qui se vit et se travaille au quotidien, des animateurs qui mettent la personne au cœur et accompagnent les potentialités de chacun, … et quand c’est possible les décideurs politiques ! (ex. de Solna).
Pointe le gros investissement dans la jeunesse. La liberté des pratiques. Des animateurs très différents les uns des autres, pas normés, mais dont le potentiel particulier a été mis en avant.
Virginia : frappé par un moment dans une structure où des jeunes préparent à manger pour des réfugiés, … Par contre n’a pas entendu parler de Développement Durable alors qu’elle s’attendait à quelque chose de très inscrit dans les pratiques.
[NB : les collègues de Fritidsforum semblent confirmer que c’est tellement inscrit, normal, dans les projets, que ça ne se pose plus en tant que tel comme objet de vigilance]
Mourad : loin du cliché de la « blonde suédoise », a fait l’expérience d’une très grande diversité à Stockholm. Constate que les services municipaux ne sont pas vécus comme des « services publics », semblent souples et libres dans leurs organisations et activités.
Espère que ces échanges amèneront vers encore + d’échanges européens et inter-fédéraux.
Sur des éléments d’analyse et de conclusion
- Sur le contexte : d’une Suède a priori « riche et paisible », on est entrés depuis très peu dans une nouvelle Suède (réfugiés, terrorisme, …), avec une nouvelle grille de lecture de la société suédoise (urbaine notamment) à construire : ça se ressent pour les suédois en général, et les structures en particulier. l’éducation populaire suédoise est en quête de repères face à une société qui mute. Mais quand même la politique volontariste a marqué chacun : le logo de la ville de Stockholm « welcome refugees » est un affichage fort.
- à noter aussi : la Suède est un pays jeune (indépendance du Danemark réalisée par Vasa au 1èéme siècle, séparation de la Norvège au début du Xxéme siècle, … ). Sur la place des hommes et des femmes, il y a eu un renversement à partir des années 50 : d’une situation traditionnelle patriarcale, les places et diplômes importants sont aujourd’hui davantage occupés par des femmes et les hommes ont plus de mal à trouver leur place, tandis que les filles stressent davantage à l’école et occupent + les bibliothèques que les Csx. Ainsi les garçons ont toujours + de facilité à occuper la place dans les Csx, notamment les jeunes issus du moyen orient (35000 mineurs isolés garçons contre seulement 2500 filles), les garçons viennent en groupe, tandis que les filles viennent seuls (mais sont aussi plus autonomes sur l’organisation de leurs activités). Aussi ils essaient de travailler sur le lien aux parents pour que ces filles prennent aussi leur place, notamment dans les Csx.
- les jeunes sont peu pris en charge sur les questions liées à l’exil, les traumas post-situation de guerre, ce qui reste une difficulté pour nombre d’entre eux.
- tout le monde a été frappé par la confiance accordée à la jeunesse, la facilité ou souplesse de l’accompagnement (d’un projet, d’une idée), l’absence de regard jugeant/régulant de l’adulte. L’auto-organisation des enfants, jeunes, etc qui investissent leur espace (et peut-être rien que …?). Les moyens engagés aussi quand c’est possible (collectivités locales notamment). Frappé aussi par une forme de transversalité des approches d’un côté (ex. de LavaBibliotek, de UngdomsCafé, de Dörren), et de cloisonnement des publics de l’autre (un espace = un public, une tranche d’âge et pas une autre ou alors pas en même temps).
- pas ou peu d’approche « projet » dans les postures d’animation : on ne parle pas ou peu d’objectifs, de résultats, d’évaluation, etc. On est davantage sur « connaître/comprendre/agir et réagir/donner du sens » le tout sous-tendu par les valeurs et une approche/posture globale.
- la place de certains aspects de l’accompagnement de projets de jeunes comme le financement semble peu présente, ou en bonus (ex. de Blacksheep).
- des difficultés constatées du côté des jeunes à mettre du sens sur leur vie, à parler de leurs émotions, notamment leur du passage vers l’âge adulte : perte de repères, taux de dépression ou TDS forts. Comment se reconnaître mal, dans un pays où tout est fait pour qu’on soit heureux ??
- la place du collectif et la place des jeunes dans le lancement des projets ne se pose pas en soi : elles constituent les principes de base de l’action
- par suite la question de la transformation sociale ne se pose a priori pas non plus : soit parce qu’on est dans une banlieue tranquille avec des jeunes épanouis (ex. de Solna), qu’on écoute et à qui on offre beaucoup de confiance. Peut-on parler d’une forme de « docilité sociale » héritée de l’absence d’une histoire sociale de luttes ? Il aurait été intéressant de vérifier ce qu’il en est chez Rey. On est pas forcément sur les questions de justice sociale mais plus d’inclusion et d’équité.
- ainsi la « confiance » n’est pas partout : chez Rey, toutes les salles ont des codes, des clefs, tous les accès ne sont pas libres ! Selon les lieux des réflexes de contrôle et de régulation sont nécessaires (ou en tout cas on y a recours) …